La Pierre Turquaise
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Il y a
environ 4000 ans, des peuplades nomades se fixèrent en forêt
de Carnelle. Cette installation qui dura plusieurs siècles laissa
de nombreux vestiges, des mégalithes et plus particulièrement,
la pierre Turquaise, sur notre commune, au lieu-dit le bois du carreau,
sur la rive droite du ru de Presles. Dénommée ainsi probablement en allusion aux "infidèles Turcs" cette sépulture collective fut classée monument historique dès 1869, et figure du 30 mars 1887. Large de 2,50 mètres et longue de plus de 12 mètres, entièrement élevée en d'énormes dalles de grès de Fontainebleau pesant plusieurs tonnes, à l'état brut, qui proviennent du voisinage. Ce dolmen est composée d'une dalle au fond, quatre de chaque côté latéral, deux à l'entrée laissant ouverte, et trois dalles servant de toiture. Ces dimensions sont données avec réserve, car c'est ce que laissent supposer les pierres dérangées soit par les mains des hommes, soit par le remuement des siècles. Elle est le monument mégalithique le plus imposant de la région parisienne. Notre monument a été relevé et moulé en plâtre, avec réduction, et se trouve au musée de Saint-Germain-en-Laye. Au XIXè siècle, sur ces lieux, furent recensés par M.Hahn, archéologue, de nombreux mégalithes. Hélas certains ont été détruits afin de servir de carrières de grès pour paver les rues de Paris. Mr. Hahn est intervenu afin de sauver la pierre Turquaise. A proximité de ces lieux, on trouve d'autres allées telles que l'allée couverte de la Justice ou la tombelle du Val Pendant, ou encore, de plus modestes comme celles de Blanc Val et la Pierre Plate. MM. Peek, Brunet de Presles, l'abbé Grimot dénombrèrent d'autres mégalithes en Carnelle, ce qui place ce site de la forêt en premier rang parmi les vestiges de la préhistoire dans la région parisienne. Dans les écrits, cette appellation de Pierre Turquaise n'apparaît pas avant 1727., mais en 1274, lors d'un litige entre l'abbaye de Saint-Denis et un certain Payen de Presles, cette allée couverte est mentionnée. Elle présente la particularité parmi ces monuments d'avoir entre le vestibule et la chambre une entrée trilithe composée de 2 piliers surmontés d'un linteau. Ces 2 blocs de support sont ornés de sculptures taillées dans le grès figurant la "déesse des morts" soit deux seins coiffés d'un collier. La tombelle, qui est légèrement exhaussée du sol, a été fouillée dans son intérieur. Le déblai, qui est de 2 mètres a été opéré, dit-on, pour y mettre à l'abri les chiens de chasse du Prince de Conti qui possédait de nombreuses terres et propriétés autour de Carnelle. Cette violation pourrait remonter vers les années 1778... Néanmoins, quand l'abbé Grimot écrit ces lignes vers 1878, un crâne humain vient d'être remonté. Ensuite les bûcherons exploitant la forêt ont trouvé refuge sous la pierre Turquaise. En 1985, dans la nuit du 14 au 15 décembre, elle fut très endommagée par une violente explosion : les dalles de couvertures se soulevèrent, plusieurs furent cassées lors de la retombée. La charge placée à l'arrière du trilithe a pulvérisé le linteau, mais par chance extraordinaire, les sculptures n'ont pas été détruites. Une campagne de restauration a permis de renforcer les fondation car depuis de nombreuses années, les blocs soutenant les dalles descendaient dans le sol. |
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La Pierre Turquaise en 1903 |
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Intérieur 1905 |
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Cartes potales années
1960 |
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Avant le 12 décembre
1985 |
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Déesse des Morts
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