JULES
MOIGNIEZ
Sculpteur 1835 - 1894
Article et recherche de Jean Lahousse
| Hormis les nains de jardin, rares sont les sculptures populaires aujourd’hui. C’est presque dans l’indifférence générale qu’au mois d’octobre dernier, la dernière fonderie parisienne fermait ses portes dans une ville qui en avait compté jusqu’à trois cent. Jules Moigniez, l’un des sculpteurs les plus renommé du XIXe siècle qui habitait dans le Val d’Oise à Saint-Martin-du-Tertre en dirigeait une | |
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cheval en fonte de fer, 20 x25 cm signé lules moigniez réalisé par les fonderies du Val dOise
- La famille Bovine. |
Cet artiste répertorié dans le dictionnaire
des sculpteurs , est né à Senlis le 29 mai 1835, fils de
Baptiste Constant Moigniez, tôlier puis doreur sur métaux,
et de Julie Cuvinot. Â l’âge de vingt ans, il expose pour la première fois ses sculptures, et obtient une mention honorable à l’exposition universelle de 1878. Il participe aux Salons jusqu’en 1892 où il présente un plâtre « Chevreuil au trot ». Élève du sculpteur Comolera, ses créations essentiellement décoratives lui amènent la faveur du public. Certains lui reprochent parfois un excès de détails dû à une ciselure trop fine qui est rachetée par une certaine élégance des attitudes. Comme son maître qui fut un élève de Rude, il affectionne particulièrement les volatiles, aigrettes, faisans, hérons, moineaux et coqs, mais aussi d’autres animaux, chiens, chevaux, moutons et bovins. Vers 1850, son père ouvre une fonderie rue Charlot pour éditer ses œuvres. Les bronzes qu’il commercialise sont réputés pour la finesse de leur fonte et la qualité des patines dont certaines dorées qui sont très originales. En 1860, son fils en prend la direction, mais tombe malade dix ans plus tard et ne produira plus de nouveaux modèles. L’usine est alors transférée 124 rue Vieille du Temple sous la direction de François Diecht, et en 1890, Auguste Gouge qui en devient propriétaire. Il poursuit l’édition des bronzes de Moigniez jusqu’en 1920. |
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- La maison de Jules Moigniez, 8 rue Roger Salengro. L’entrée est encadrée par les deux vasques en fonte.
- La sépulture des Moigniez à Saint-Martin-du-Tertre. Elle renferme les dépouilles du père, Jean-Baptiste, de son épouse Julie et de leur fils Jules.
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La vie à Saint-Martin-du-Tertre
Dès 1861, ses parents figurent sur les feuilles de recensement
de la population de Saint-Martin-du-Tertre. En 1868, ils achètent
la maison rue des Genêts, rebaptisée aujourd’hui
Roger Salengro . La famille est bien intégrée dans la
commune, le maire est un ami de la famille et Jules est membre honoraire
de la fanfare. Son père s’éteint le 29 janvier 1888
et sa mère le 21 janvier1892 laissant pour seul héritier
son fils Jules. |
- Faisan combattant une belette.
Cheval de labour conservé
par les descendants du maire de Saint-Martin-du-Tertre, qui est parfois
désigné sous le terme de cheval de marine. La tradition
orale rapporte que c’est Bijou, un des chevaux de la ferme familiale
qui a servi de modèle. Les bornes sont la copie de celles qui
sont placées devant le château de Franconville à
Saint-Martin-du-Tertre.
– Chevreuils à l’abreuvoir, sculpture signée J. Moigniez vendue à la brocante de Noël d’Auvers-sur-Oise à la fin de l’année 2005.
- Perdrix en bronze doré, |
Il demande à Adèle de rencontrer le maire,
Ernest Nicolas Baldé, un vieil ami de la famille, pour faire légaliser
sa signature et qu’il remercie par une dernière poignée
de main. L’inventaire dressé le 4 août 1894, par son ami Joseph Camus dévoile en partie la personnalité de cet artiste. Il ne semble pas très sensible aux honneurs, les six médailles de bronze et d’argent reçues dans diverses expositions, sont remisées dans une annexe qui sert de débarras et de poulailler. Il mène une vie campagnarde, sept poules garnissent son poulailler et les deux fusils et la carabine témoignent de sa passion pour la chasse. Une tête de cerf et un cor ornent le salon. L’estimation du mobilier évaluée à 2744 F., révèle un intérieur confortable, sans être luxueux. Dans la salle à manger, les objets d’art sont quatre médaillons en plâtre (20F), quatre terres cuites avec leur cadre (6F), Une pendule avec sujet marbre et bronze (40F), deux coupes de marbre et bronze (30F), deux chandeliers en bronze (15F). Dans le salon, une pendule en marbre noir avec un coq faisan (150F), deux coupes larges en bronze et marbre (80F). Dans la chambre éclairée sur la rue, une pendule et deux coupes en marbre et bronze (90F), un bronze et son socle (60F) et un plâtre estimé (1F). Dans la chambre contiguë, une pendule en marbre à sujet, deux appliques en cuivre doré avec cylindre et deux chandeliers (140F), un coffret à bijoux en bronze doré (60F), quatre petits bronzes (12F), un christ en bronze et un autre en plâtre (4F) et deux médaillons religieux en bronze prisés (8F). Sa montre en or avec sa chaîne sont estimées 100 F et sa bague avec une épingle de cravate 80F. Les 350 F. en espèces qui sont dans le secrétaire sont immédiatement réclamées par Adèle, qui déclare que cette somme était due à l’un de ses fils Au moment du décès, M Gouge, marchand de bronzes et d’objets d’art doit 100 F au sculpteur mais ses dettes sont importantes. Les frais d’inhumations se montent à 107 F. dont 60 F. pour le menuisier, 40 F. pour le curé et 7 F pour les rafraîchissements de ses compagnons de la fanfare le jour des obsèques. Le passif qui s’élève à la somme de 557 F, comprend les journées de son jardinier et diverses factures à plusieurs commerçants et artisans. La plus forte créance de 67,90 F. concerne le jardinier, 59 F. sont dus au docteur Darenne et 27,75 F. au distillateur de Beaumont-sur-Oise. Le 1er novembre 1894, Angèle fait dresser le cahier des charges pour l’adjudication de la maison. La mise à prix de 6000 F. n’est pas atteinte, et la vente reportée un an plus tard se solde aussi par un échec. Angèle, qui a emprunté une somme d’argent au maire de Bellefontaine est contrainte d’hypothéquer cette maison qui sera finalement vendue en 1896. Son oeuvre
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