Télégraphe aérien de
Claude CHAPPE
Textes et recherches Pier-Carlo BUSINELLI
Plan de 1823, emplacement du poste de Saint-Maerin-du-Tertre. |
LE
TELEGRAPHE CHAPPE
Ainsi "Paris parlait de décret, Saint-Martin-du-Tertre parlait d'amour" et cet amour, les habitants de notre village d'Ile de France l'ont toujours gardé dans l'esprit et dans le cœur, cela pour faire revivre le passé, pour gagner dans le présent et pour construire l'avenir. |
| Bouton du costume de l'administration du télégraphe. Cachet de cire de l'administration du télégraphe. Dessin de Monsieur De Villers habitant de Saint-Martin-du-Tertre vers 1845; Plan cadastrale de 1822 parcelle 356. Portrait de Claude Chappe. Acte de naissance de Claude Chappe. Illustration de l'experience du 12 juillet 1793 à Saint-Martin-du-Tertre. |
HISTOIRE Il faut attendre la Révolution Française pour voir des savants et inventeurs s'intéresser à des moyens de communication rapides. Les premiers à faire des essais furent les Frères Chappe sous la direction de Claude. Ainsi le 2 mars 1791, entre Brûlon (village où naquit Claude Chappe en 1763) et Parcé (Sarthe), ils réalisèrent avec un système composé d'un volet mobile à face noire et blanche et deux pendules synchronisées, une expérience de communication sur une distance de 15 kilomètres environ. Les résultats furent concluants mais encore peu efficaces. Après celle-ci, il vint s'établir à Paris pour continuer ses recherches et il découvre en 1792 un système qui permet une vrai correspondance sur de grandes distances. Grâce à son frère Ignace qui siège à l'Assemblée Législative, Claude Chappe est autorisé à venir s'exprimer devant les députés, ainsi le 22 mars 1792, il leur parla en ces termes. (…) "Je viens offrir à l'Assemblée Nationale l'hommage d'une découverte que je crois utile à la chose publique. Cette découverte présente un moyen facile de communiquer à grandes distances tout ce qui peut être l'objet d'une correspondance." "Elle offre le moyen certain d'établir une correspondance telle que le corps législatif puisse faire parvenir ses ordres à nos frontières et en recevoir la réponse pendant le durée d'une même séance." A la suite de cette intervention, il s'installe pour faire des effets au Parc Saint-Fargeau à Ménilmontant. Après de nombreux déboires (destruction par le feu de ces installations par le peuple en colère craignant l'espionnage des Autrichiens pour tenter de communiquer avec le roi) et une Assemblée Nationale qui avait d'autres préoccupations, Claude Chappe dû patienter jusqu'en 1793 pour que le débat sur son invention revienne en étude à l'Assemblée, grâce à une intervention du Député Romme qui plaida en faveur de Claude Chappe le 1er avril 1793. Suite à cette intervention, le Comité de Salut Public constitua une commission chargée d'examiner le projet. Elle se composait de Lakanal, Daunou, Arbogast. Mais tout n'était pas encore gagné pour Claude Chappe, car ses installations furent détruites une nouvelle fois, ce n'est que le 2 juillet 1793, après un rapport élogieux que la convention décrète une expérience sur une longue distance et ordonne aux municipalités intéressées de veiller à la sécurité des installations afin d'éviter les mésaventures précédentes. (…)""La
Convention Nationale, ouï le rapport de ses commissaires nommés
par décret du 6 avril dernier pour vérifier l'expérience
des signaux du citoyen Chappe." Ainsi, le 12 juillet 1793, sur une distance de 26 km (15 km entre Belleville et Ecouen et 11 km entre Ecouen et Saint-Martin-du-Tertre) eut lieu la première transmission de communication à distance. Le premier réseau de télécommunication était né. Claude Chappe et Daunou étaient au poste de Ménilmontant, Abraham Chappe, Lakanal, Arbogast à celui de Saint-Martin-du-Tertre. Après s'être assuré de la possibilité de communiquer, Ménilmontant envoya la dépêche suivante : (…)""Daunou est arrivé ici. Il annonce que la Convention Nationale vient d'autoriser son comité de sûreté générale à apposer les scellés sur les papiers des représentants du peuple."" 26 mots étaient parvenus au poste de Saint-Martin-du-Tertre en 11 minutes. La réponse fut immédiate : (…) ""Les habitants de cette belle contrée sont dignes de la liberté par leur amour pour elle et leur respect pour la pour la Convention Nationale et ses lois."" Ces 26 mots furent reçus en 9 minutes au poste de Ménilmontant. Ce 12 juillet 1793, un progrès considérable venait d'être franchi. Lakanal, totalement satisfait et impressionné par cette expérience, fit, le 26 juillet 1793, des éloges du Télégraphe et de son utilité à la Convention Nationale qui, durant cette même séance, nomma Claude Chappe au grade "d'ingénieur télégraphe". Le
4 août 1793, le Comité de Salut Public ordonne la construction
de la première ligne télégraphique de l'histoire
entre Paris et Lille. Cette ligne allait permettre d'assurer la communication
de Paris aux frontières dans un délai de 2 à 3
heures alors que par les moyens traditionnels, il fallait de 3 à
6 jours. La ligne fut achevée en août 1794, et une dépêche
qui marqua l'histoire de France fut reçue à la Convention
Nationale le 30 août 1794, elle annonçait la reprise de
Condé-sur-Escaut par les troupes françaises. L'effet fut immédiat et la construction de nouvelles lignes fut entreprise. Le réseau télégraphique français unique au monde compta plus de 500 postes sur plus de 5 000 kilomètres. Il fut utilisé jusqu'en 1854.
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Mécanisme Système |
CHOIX DU SYSTEME ET DE LA PREMIERE LIGNE D'EXPERIMENTALE
Il choisit donc pour s ligne expérimentale la direction du Nord. Depuis Belleville, il voyait très bien la colline d'Ecouen où il fit construire un premier relais. "Par ailleurs, il faut signaler que le poste d'Ecouen ne fut jamais modifié durant toutes les années d'utilisation de la ligne Paris-Lille." Puis, pour conclure sa ligne expérimentale, le site de Saint-Martin-du-Tertre distant de 10 kilomètres 700 de celui d'Ecouen. Il avait donc une ligne expérimentale de d'une distance de 25 kilomètres 900, ce qui rendait totalement crédible son invention. Le choix de la machine lui aussi fut étudié méticuleusement car il devait pouvoir faire parvenir une correspondance rapidement. Voici comment
Lakanal la présente lors de son rapport du 25 juillet 1793 devant
les députés de la Convention. En effet, on
pouvait, grâce à cette machine, développer 92 signaux
(combinaisons utiles) chaque signal était équivalent à
un chiffre de 1 à 92. <<haut de page>> |
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LE POSTE DE SAINT MARTIN DU TERTRE
(…) ""(lettre
du 6 octobre 1793) nous avons arrêté, mon cher ami, les
postes d'Ecouen et de Saint-Martin-du-Tertre où nous avons commandé
les cabanes qui s'exécutent déjà… A Saint-Martin,
la montagne située en face du village est le lieu où cette
machine doit être placée. Deux arbres placées à
côté l'un de l'autre désigne cet emplacement. La
machine peut être posée près de ces deux arbres…" Ce qui prouverait que la machine de Saint Martin était bien du type maisonnette donc pas sur une tour, mais située près d'un des trois moulins. Par contre, lors de l'étude des postes du télégraphe par Kermabon, nous pouvons situer exactement l'emplacement du poste de Saint-Martin-du-Tertre ; voici ce que l'on peut y lire : (…) "Le poste a été déplacé en 1817 mais on ne retrouve aucun document relatif à l'acquisition du terrain." (…) Saint Martin 1827 (distance de la localité du même nom) 700 mètres Sud-Est, altitude 189 mètres, maisonnette". Grâce au cadastre
napoléonien, le poste se trouvait sur la parcelle cadastrale
n°356 enclavé dans la parcelle n°355, a proximité
de la rue de Luzarches. Celui-ci fut en activité jusqu'en 1852.
Le 1er mai 1853, il fut vendu aux enchères par le receveur des
domaines de Luzarches pour la somme de 152 F (procès verbal n°2382
du 4 mai 1953). ETUDE
SUR LA LIGNE EXPERIMENTALE UTILISEE LE 12 JUILLET 1793
Saint-Martin-du-Tertre est situé à 28 kilomètres de Paris- Notre Dame. Les 8 ou 9 lieues du rapport devaient avoir été considérées par la route et non en ligne droite comme étaient vus les postes les uns des autres. Connaissant aujourd'hui
l'emplacement du poste de Saint-Martin-du-Tertre en 18278 (plan cadastrale
Napoléonien – parcelle 356) et l'emplacement du poste d'Ecouen
en 1827 (plan cadastrale Napoléonien – parcelle 381), nous
pouvons affirmer que la distance entre ces deux postes est de 10 200
mètres environs "métrage effectué d'après
la carte topographique I.G.N. N°2313 est au 1 : 25 000" "
4 centimètres = 1 kilomètres" Depuis le poste d'Ecouen jusqu'à Ménilmontant la distance est de 15 200 mètres environs "métrage effectué d'après la carte topographique I.G.N. N°2313 est et 2314 est au 1:25 000""1 centimètre = 250 mètres"" ECOUEN -----------------------------15 200 M ------------------------------MENILMONTANT L'addition de ces deux métrages donne une distance d'environ 25 400 mètres qui représente à quelques mètres près la distance de la première ligne expérimentale car l'emplacement des postes de celle-ci n'est pas connu.
LA VIE DANS UN POSTE DE TELEGRAPHE
Leur condition de travail était très pénible, car ils devaient des heures durant surveiller à la longue vue les signaux des autres stations qui émettaient une dépêche. Ils étaient soumis à un règlement très strict qui ne leur permettait pas le moindre écart. Voici quelques passages : "article
5 : les travaux commencent, chaque jour, un quart d'heure avant le lever
du soleil et ne cessent qu'à la fin du jour." De
plus, le poste et la machine étaient à leur charge pour
l'entretien et la surveillance. S'il était reconnu qu'une détérioration
était due à la négligence du stationnaire, les
réparations étaient retenues sur son solde. REGLEMENT STATIONNAIRES ARTICLE
1ER ARTICLE
2 ARTICLE
3 ARTICLE
4 ARTICLE
5 ARTICLE
6 ARTICLE
7 ARTICLE
8 ARTICLE
9 ARTICLE
10 ARTICLE
11 ARTICLE
12 ARTICLE
13 ARTICLE
14 ARTICLE
15 ARTICLE
16 ARTICLE
17 ARTICLE
18 Cette vie difficile provoquait souvent des absences ou des départs ce qui perturbait fortement la transmission des dépêches. Citons un fait divers qui survint à un stationnaire du poste de Saint-Martin-du-Tertre entre 1820 et 1821 qui démontre bien la vie difficile de stationnaire : "Le stationnaire ANCELOT, le 7 octobre 1820, signe d'aliénation mentale. Le 6 mars 1821, suicide."
Dates Républicaines Dates Noms, Prénoms des agents 17
Brumaire an 5 07.11.1796 LABOUCHE Jean-Nicolas Recherches
principalement effectuées dans l'Etat civil de la commune de
Saint-Martin-du-Tertre, stationnaire témoin de mariages, naissances,
décès et dont la profession est indiquée. LA TOUR DU TELEGRAPHE
(…) Nous avons fait entre nous, mon cher, à quatre lieues de Paris, l'expérience d'un nouveau télégraphe. Elle a réussi. Les signaux ont été aperçus distinctement la nuit comme le jour…(…) De plus, il existe un document au musée de la poste qui atteste cette expérience entre les deux villes. Et il est fort probable, que la tour représentée sur ces cartes postales soit celle qui servit à l'expérience de 1803. L'une d'elle représente le sémaphore à deux indicateurs. Ce même type de matériel fut utilisé au camp de Boulogne en 1804. La
tour ou ancien moulin était située au cadastre parcelle
365 où se trouve aujourd'hui la tour rue Gabriel Péri
à l'entrée du village en venant de la gare.
CHRONOLOGIE
DU TELEGRAPHE OPTIQUE CHAPPE
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