Télégraphe aérien de

Claude CHAPPE

Textes et recherches Pier-Carlo BUSINELLI

histoire

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Plan de 1823, emplacement du poste de Saint-Maerin-du-Tertre.

LE TELEGRAPHE CHAPPE

Ainsi "Paris parlait de décret, Saint-Martin-du-Tertre parlait d'amour" et cet amour, les habitants de notre village d'Ile de France l'ont toujours gardé dans l'esprit et dans le cœur, cela pour faire revivre le passé, pour gagner dans le présent et pour construire l'avenir.

Bouton du costume de l'administration du télégraphe.

Cachet de cire de l'administration du télégraphe.

Dessin de Monsieur De Villers habitant de Saint-Martin-du-Tertre vers 1845;

Plan cadastrale de 1822 parcelle 356.

Portrait de Claude Chappe.

Acte de naissance de Claude Chappe.

Illustration de l'experience du 12 juillet 1793 à Saint-Martin-du-Tertre.

HISTOIRE
De tous temps, les hommes ont tenté par les moyens les plus divers de communiquer à distance afin de transmettre des informations et recevoir des réponses dans un délai très court. "Feux, fumées, drapeaux de couleurs…" mais les résultats étaient limités.

Il faut attendre la Révolution Française pour voir des savants et inventeurs s'intéresser à des moyens de communication rapides. Les premiers à faire des essais furent les Frères Chappe sous la direction de Claude. Ainsi le 2 mars 1791, entre Brûlon (village où naquit Claude Chappe en 1763) et Parcé (Sarthe), ils réalisèrent avec un système composé d'un volet mobile à face noire et blanche et deux pendules synchronisées, une expérience de communication sur une distance de 15 kilomètres environ. Les résultats furent concluants mais encore peu efficaces. Après celle-ci, il vint s'établir à Paris pour continuer ses recherches et il découvre en 1792 un système qui permet une vrai correspondance sur de grandes distances.

Grâce à son frère Ignace qui siège à l'Assemblée Législative, Claude Chappe est autorisé à venir s'exprimer devant les députés, ainsi le 22 mars 1792, il leur parla en ces termes.

(…) "Je viens offrir à l'Assemblée Nationale l'hommage d'une découverte que je crois utile à la chose publique. Cette découverte présente un moyen facile de communiquer à grandes distances tout ce qui peut être l'objet d'une correspondance."

"Elle offre le moyen certain d'établir une correspondance telle que le corps législatif puisse faire parvenir ses ordres à nos frontières et en recevoir la réponse pendant le durée d'une même séance."

A la suite de cette intervention, il s'installe pour faire des effets au Parc Saint-Fargeau à Ménilmontant.

Après de nombreux déboires (destruction par le feu de ces installations par le peuple en colère craignant l'espionnage des Autrichiens pour tenter de communiquer avec le roi) et une Assemblée Nationale qui avait d'autres préoccupations, Claude Chappe dû patienter jusqu'en 1793 pour que le débat sur son invention revienne en étude à l'Assemblée, grâce à une intervention du Député Romme qui plaida en faveur de Claude Chappe le 1er avril 1793.

Suite à cette intervention, le Comité de Salut Public constitua une commission chargée d'examiner le projet. Elle se composait de Lakanal, Daunou, Arbogast.

Mais tout n'était pas encore gagné pour Claude Chappe, car ses installations furent détruites une nouvelle fois, ce n'est que le 2 juillet 1793, après un rapport élogieux que la convention décrète une expérience sur une longue distance et ordonne aux municipalités intéressées de veiller à la sécurité des installations afin d'éviter les mésaventures précédentes.

(…)""La Convention Nationale, ouï le rapport de ses commissaires nommés par décret du 6 avril dernier pour vérifier l'expérience des signaux du citoyen Chappe."
"Ordonne aux Maires, Officiers municipaux et Procureur des Communes de Belleville, Ecouen et de Saint-Martin-du-Tertre de veiller à ce qu'il ne soit porté aucun dommage aux machines du citoyen Chappe, de requérir à cet effet le service de la garde nationale et d'instruire les citoyens des dites communes que les expériences à faire par ce dit citoyen on été ordonnées par le décret de la Convention Nationale du 1er avril dernier.""

Ainsi, le 12 juillet 1793, sur une distance de 26 km (15 km entre Belleville et Ecouen et 11 km entre Ecouen et Saint-Martin-du-Tertre) eut lieu la première transmission de communication à distance. Le premier réseau de télécommunication était né.

Claude Chappe et Daunou étaient au poste de Ménilmontant, Abraham Chappe, Lakanal, Arbogast à celui de Saint-Martin-du-Tertre.

Après s'être assuré de la possibilité de communiquer, Ménilmontant envoya la dépêche suivante :

(…)""Daunou est arrivé ici. Il annonce que la Convention Nationale vient d'autoriser son comité de sûreté générale à apposer les scellés sur les papiers des représentants du peuple.""

26 mots étaient parvenus au poste de Saint-Martin-du-Tertre en 11 minutes. La réponse fut immédiate :

(…) ""Les habitants de cette belle contrée sont dignes de la liberté par leur amour pour elle et leur respect pour la pour la Convention Nationale et ses lois.""

Ces 26 mots furent reçus en 9 minutes au poste de Ménilmontant.

Ce 12 juillet 1793, un progrès considérable venait d'être franchi. Lakanal, totalement satisfait et impressionné par cette expérience, fit, le 26 juillet 1793, des éloges du Télégraphe et de son utilité à la Convention Nationale qui, durant cette même séance, nomma Claude Chappe au grade "d'ingénieur télégraphe".

Le 4 août 1793, le Comité de Salut Public ordonne la construction de la première ligne télégraphique de l'histoire entre Paris et Lille. Cette ligne allait permettre d'assurer la communication de Paris aux frontières dans un délai de 2 à 3 heures alors que par les moyens traditionnels, il fallait de 3 à 6 jours. La ligne fut achevée en août 1794, et une dépêche qui marqua l'histoire de France fut reçue à la Convention Nationale le 30 août 1794, elle annonçait la reprise de Condé-sur-Escaut par les troupes françaises.
Aussitôt baptisé Nord-Libre, Carnot lut cette dépêche devant les députés de la Convention qui applaudirent durant de longues minutes.

L'effet fut immédiat et la construction de nouvelles lignes fut entreprise. Le réseau télégraphique français unique au monde compta plus de 500 postes sur plus de 5 000 kilomètres. Il fut utilisé jusqu'en 1854.

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Mécanisme

Système

CHOIX DU SYSTEME ET DE LA PREMIERE LIGNE D'EXPERIMENTALE


Claude Chappe n'avait rien laissé au hasard afin de faire approuver son invention aux députés de la Convention Nationale.
Les Besoins de communiquer s'établissaient surtout vers les frontières du Nord du fait des batailles qui s'y déroulaient.

Il choisit donc pour s ligne expérimentale la direction du Nord. Depuis Belleville, il voyait très bien la colline d'Ecouen où il fit construire un premier relais. "Par ailleurs, il faut signaler que le poste d'Ecouen ne fut jamais modifié durant toutes les années d'utilisation de la ligne Paris-Lille." Puis, pour conclure sa ligne expérimentale, le site de Saint-Martin-du-Tertre distant de 10 kilomètres 700 de celui d'Ecouen. Il avait donc une ligne expérimentale de d'une distance de 25 kilomètres 900, ce qui rendait totalement crédible son invention.

Le choix de la machine lui aussi fut étudié méticuleusement car il devait pouvoir faire parvenir une correspondance rapidement.

Voici comment Lakanal la présente lors de son rapport du 25 juillet 1793 devant les députés de la Convention.
(…)"Son télégraphe est composé d'un châssis ou régulateur qui forme un parallélogramme très allongé. Il est garni de lames à la manière des persiennes et ajusté par son centre à l'extrémité de son axe. Ce châssis supporte deux aides dont le développement s'effectue en différents sens. L'arbre qui soutient le régulateur roule sur son pivot et est maintenu à la hauteur de dix pieds par des jambes de force. Le mécanisme est tel que la manœuvre se fait sans peine et avec célérité au moyen d'une double manivelle placée à hauteur convenable."

En effet, on pouvait, grâce à cette machine, développer 92 signaux (combinaisons utiles) chaque signal était équivalent à un chiffre de 1 à 92.
Pour transmettre un message, on envoyait un premier signal désignant un numéro de ligne sur 92 dans la page. On obtenait ainsi un répertoire de code de 8 464 éléments de correspondance utile. Par la suite, en compliquant le répertoire code, on arriva à plus de 45 000 combinaisons.

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LE POSTE DE SAINT MARTIN DU TERTRE


Aucun document ne nous permet de situer l'emplacement de la machine qui servit à la première expérience. Toutefois, lors de la construction de la ligne Paris-Lille, Claude Chappe avait lui même trouvé les points où les postes seraient installés. Durant ce déplacement, il a constitué un carnet de 10 feuillets pliés en deux où il inscrivait ses dépenses et ses besoins pour la construction de la ligne, ce travail permit à Chappe de dresser une liste à la fin de ce carnet nommant chacun des points (ce document est conservé aujourd'hui au Musée de la Poste de Nantes). On y trouve les informations suivantes : "entre Ercuis et Paris, les points se raccordent à la ligne expérimentale par Saint-Martin-du-Tertre et Ecouen…" De plus, durant toute la construction de la ligne, une correspondance eut lieu entre les Chappe et leurs amis qui les aidaient à construire la ligne. On y trouve les informations suivantes :

(…) ""(lettre du 6 octobre 1793) nous avons arrêté, mon cher ami, les postes d'Ecouen et de Saint-Martin-du-Tertre où nous avons commandé les cabanes qui s'exécutent déjà… A Saint-Martin, la montagne située en face du village est le lieu où cette machine doit être placée. Deux arbres placées à côté l'un de l'autre désigne cet emplacement. La machine peut être posée près de ces deux arbres…"
(…) (Lettre du 3 pluviose = 22 janvier 1794) : "J'ai été très surpris lorsque le meunier m'a dit que la machine n'était pas encore peinte…"

Ce qui prouverait que la machine de Saint Martin était bien du type maisonnette donc pas sur une tour, mais située près d'un des trois moulins.

Par contre, lors de l'étude des postes du télégraphe par Kermabon, nous pouvons situer exactement l'emplacement du poste de Saint-Martin-du-Tertre ; voici ce que l'on peut y lire : (…) "Le poste a été déplacé en 1817 mais on ne retrouve aucun document relatif à l'acquisition du terrain." (…) Saint Martin 1827 (distance de la localité du même nom) 700 mètres Sud-Est, altitude 189 mètres, maisonnette".

Grâce au cadastre napoléonien, le poste se trouvait sur la parcelle cadastrale n°356 enclavé dans la parcelle n°355, a proximité de la rue de Luzarches. Celui-ci fut en activité jusqu'en 1852. Le 1er mai 1853, il fut vendu aux enchères par le receveur des domaines de Luzarches pour la somme de 152 F (procès verbal n°2382 du 4 mai 1953).

ETUDE SUR LA LIGNE EXPERIMENTALE UTILISEE LE 12 JUILLET 1793


Durant plusieurs décennies, la distance de la ligne expérimentale a été établie de 30 à 35 kilomètres, distance que l'on retrouve d'ailleurs dans plusieurs ouvrages et ceci du fait que le rapport de Lakanal citait 8 à 9 lieues entre Ménilmontant et Saint-Martin-du-Tertre. "Une lieue étant égale à 4 kilomètres cette distance paraissait réaliste."

Saint-Martin-du-Tertre est situé à 28 kilomètres de Paris- Notre Dame. Les 8 ou 9 lieues du rapport devaient avoir été considérées par la route et non en ligne droite comme étaient vus les postes les uns des autres.

Connaissant aujourd'hui l'emplacement du poste de Saint-Martin-du-Tertre en 18278 (plan cadastrale Napoléonien – parcelle 356) et l'emplacement du poste d'Ecouen en 1827 (plan cadastrale Napoléonien – parcelle 381), nous pouvons affirmer que la distance entre ces deux postes est de 10 200 mètres environs "métrage effectué d'après la carte topographique I.G.N. N°2313 est au 1 : 25 000" " 4 centimètres = 1 kilomètres"
SAINT MARTIN ----------------------------10 200 M --------------------------------ECOUEN

Depuis le poste d'Ecouen jusqu'à Ménilmontant la distance est de 15 200 mètres environs "métrage effectué d'après la carte topographique I.G.N. N°2313 est et 2314 est au 1:25 000""1 centimètre = 250 mètres""

ECOUEN -----------------------------15 200 M ------------------------------MENILMONTANT

L'addition de ces deux métrages donne une distance d'environ 25 400 mètres qui représente à quelques mètres près la distance de la première ligne expérimentale car l'emplacement des postes de celle-ci n'est pas connu.

 

LA VIE DANS UN POSTE DE TELEGRAPHE


Les employés du télégraphe furent appelés "STATIONNAIRES". Ils étaient souvent recrutés au sein des retraités ou invalides de l'armée. Chacun des postes, comprenait deux stationnaires un à la longue vue et l'autre pour retransmettre les signaux.

Leur condition de travail était très pénible, car ils devaient des heures durant surveiller à la longue vue les signaux des autres stations qui émettaient une dépêche.

Ils étaient soumis à un règlement très strict qui ne leur permettait pas le moindre écart. Voici quelques passages :

"article 5 : les travaux commencent, chaque jour, un quart d'heure avant le lever du soleil et ne cessent qu'à la fin du jour."

"article 6 : le stationnaire qui s'absente de son poste, étant de service, quand la ligne n'est pas en congé, est destitué sur le champ."
Ainsi 18 articles tous menaçants pour les stationnaires.

De plus, le poste et la machine étaient à leur charge pour l'entretien et la surveillance. S'il était reconnu qu'une détérioration était due à la négligence du stationnaire, les réparations étaient retenues sur son solde.
Ils étaient par ailleurs fort peu rémunérés, leur solde tardait souvent à venir, il fallait parfois attendre plusieurs mois. Les stationnaires étaient souvent réduits à la misère.
Il y eut même une période où les finances du télégraphe ne permettaient plus le règlement des salaires. Une rémunération en nature leur fut accordée. Elle était composée d'une livre et demi de pain et une demi livre de viande par jour, ce qui ne permettait pas de faire vivre toute une famille.

REGLEMENT STATIONNAIRES

ARTICLE 1ER
Les stationnaires sont chargés de la manipulation du télégraphe et de l'entretien de toutes les pièces qui le composent.

ARTICLE 2
Ils savent lire et écrire et doivent répondre à toutes les questions relatives au mécanisme et au passage des signaux.

ARTICLE 3
Ils se conforment à tous les ordres qui leur sont donnés par l'administration par les directeurs et les inspecteurs

ARTICLE 4
Ils se relèvent à midi précis ; ils doivent se trouver tous les deux à leur poste à cette, quand bien même il y aurait un congé.

ARTICLE 5
Les travaux commencent, chaque jour, un quart d'heure avant le lever du soleil et ne cessent qu'à la fin du jour.

ARTICLE 6
Le stationnaire qui s'absente de son poste, étant de service, quand la ligne n'est pas en congé, est destitué sur le champ.

ARTICLE 7
La suspension, soit d'absence, soit de retard, sera punie d'une retenue sur le traitement de l'employé qui s'en sera rendu coupable ; cette retenue sera de 20 à 60 centimes par minute.

ARTICLE 8
Dans tous les cas où l'inspecteur jugerait convenable de destituer un stationnaire, il devra provisoirement le suspendre et soumettre la mesure à l'administration.

ARTICLE 9
Les dérangements de machine, lorsqu'ils arriveront par la négligence des stationnaires, seront punis par une suspension de deux à quinze jours, et même pourront donner lieu à destitution par l'administration sur la proposition de l'inspecteur.

ARTICLE 10
Ceux qui n'auront pas donné les signaux de suspension dans les cas indiqués dans l'instruction, seront punis comme s'ils avaient été pris eux-mêmes en suspension.

ARTICLE 11
L'inspecteur de chaque division fixera les retenues à faire pour cause de suspension, et en rendra compte à l'administration.

ARTICLE 12
Toutes les retenues opérées sur les stationnaires seront distribuées à titre de gratification à ceux qui n'auront pas fait de fautes dans le courant du même mois.

ARTICLE 13
Un stationnaire qui oserait donner ou prolonger, sans nécessité, le signal de brumaire, sera destitué ; cette faute sera constatée par le procès verbal de l'inspecteur, qui devra l'adresser immédiatement à l'administration.

ARTICLE 14
Tous stationnaire qui manipulera étant ivre, sera destitué et son camarade sera responsable des fautes qui auront été faites, s'il lui a remis le service malgré son état d'ivresse ; un stationnaire qui aurait un camarade habitué à s'enivrer sera tenu d'en prévenir l'inspecteur.

ARTICLE 15
Il est défendu aux stationnaires, sous peine de destitution, de laisser manipuler aucun individu étranger à la télégraphie, même des surnuméraires, pendant les transmissions, sans un ordre par écrit du directeur ou de l'inspecteur.

ARTICLE 16
Les stationnaires ne doivent laisser entrer personne à leur poste sans une permission par écrit du directeur ou de l'inspecteur ; cette contravention pourra entraîner la destitution.

ARTICLE 17
Ils ne peuvent faire faire que les réparations qu'ils ne sont pas capables d'exécuter eux-mêmes, lorsqu'elles sont nécessaires au bon fonctionnement de la machine.
Dans ce cas, ils se font donner des quittances des sommes qu'ils ont payées pour remettre ces quittances à l'inspecteur lors de sa tournée et en être remboursés sur le champ.
Toutes les réparations, autres que celles absolument urgentes, leur sont interdites.

ARTICLE 18
Les stationnaires sont responsables de la détérioration de la machine, des instruments et autres objets qui leur sont confiés, quand ces détériorations sont la suite de leur négligence. Dans ce cas, la somme nécessaire pour subvenir aux frais de réparation, peut-être prélevée sur leur traitement.

Cette vie difficile provoquait souvent des absences ou des départs ce qui perturbait fortement la transmission des dépêches.

Citons un fait divers qui survint à un stationnaire du poste de Saint-Martin-du-Tertre entre 1820 et 1821 qui démontre bien la vie difficile de stationnaire :

"Le stationnaire ANCELOT, le 7 octobre 1820, signe d'aliénation mentale. Le 6 mars 1821, suicide."


AGENTS DU TELEGRAPHE AU POSTE DE SAINT MARTIN DU TERTRE 1793/1852

Dates Républicaines Dates Noms, Prénoms des agents

17 Brumaire an 5 07.11.1796 LABOUCHE Jean-Nicolas
22 Prairial an 5 10.06.1797 LABOUCHE Jean-Nicolas
30 Fructidor an 6 16.09.1798 MOUDRUX Jean
04 Prairial an 6 23.05.1798 MOUDRUX Jean
07 Thermidor an 7 25.07.1799 LABOUCHE Jean-Nicolas
10 Thermidor an 7 28.07.1799 LABOUCHE Jean-Nicolas
18 Thermidor an 7 05.08.1799 LABOUCHE Jean-Nicolas
04 Vendemiaire an 8 26.09.1799 ANCELOT Jean-Baptiste
02 Ventose an 8 21.02.1800 ANCELOT Jean-Baptiste
17 Germinal an 11 07.04.1803 AMELOT
19 Germinal an 11 09.04.1803 MONGE Pierre-Louis
26 Germinal an 11 18.04.1803 MONGE Pierre-Louis
19 Brimaire an 12 10.11.1803 ANCELOT Jean-Baptiste
18 Nivose an 12 09.01.1804 ROULOIS Marie-Joseph
18 Prerial an 12 07.06.1804 ANCELOT Jean-Baptiste
11 Fructidor an 12 29.08.1804 ROULOIS Marie-Joseph
09.01.1807 ANCELOT Jean-Baptiste
16.01.1807 ANCELOT Jean-Baptiste
21.07.1807 ANCELOT Jean-Baptiste
02.02.1808 ANCELOT Jean-Baptiste
11.04.1808 GAUDENAIRE
09.07.1808 GAUDENAIRE
27.07.1808 DRUMET Louis
30.09.1808 ANCELOT Jean-Baptiste
11.10.1809 ANCELOT Jean-Baptiste
26.06.1810 ANCELOT Jean-Baptiste
23.04.1812 ROULOIS
03.05.1812 ROULOIS
06.09.1812 ANCELOT Jean-Baptiste
15.02.1813 ROULOIS Marie-Joseph
30.06.1813 ROULOIS Marie-Joseph
04.10.1813 ANCELOT Jean-Baptiste
07.10.1813 ANCELOT Jean-Baptiste
19.11.1813 ANCELOT Jean-Baptiste
11.03.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
27.04.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
06.05.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
17.06.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
11.08.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
13.09.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
06.11.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
17.12.1814 ANCELOT Jean-Baptiste
07.09.1815 ROULOIS Marie-Joseph
16.09.1815 ANCELOT Jean-Baptiste
29.09.1815 ANCELOT Jean-Baptiste
05.10.1815 ANCELOT Jean-Baptiste
12.10.1815 ANCELOT Jean-Baptiste
20.11.1815 ANCELOT Jean-Baptiste
14.02.1816 ANCELOT Jean-Baptiste
20.07.1816 ROULOIS Marie-Joseph
29.09.1816 ANCELOT Jean-Baptiste
22.11.1816 ROULOIS Marie-Joseph
07.01.1817 ANCELOT Jean-Baptiste
03.04.1817 ANCELOT Jean-Baptiste
08.04.1817 ANCELOT Jean-Baptiste
19.05.1817 ANCELOT Jean-Baptiste
17.06.1817 ANCELOT Jean-Baptiste
31.08.1817 ROULOIS Marie-Joseph
07.12.1819 ROULOIS Marie-Joseph
21.12.1819 ROULOIS Marie-Joseph
03.01.1820 ROULOIS Marie-Joseph
06.06.1820 DELYEE
07.10.1820 ROULOIS Marie-Joseph
07.03.1821 ANCELOT Jean-Baptiste
07.03.1821 CHANTAREAU
07.03.1821 DESLAVIER Bernard
02.06.1821 ROULOIS Marie-Joseph
12.04.1822 ROULOIS Marie-Joseph
12.09.1822 ROSELLE
11.10.1822 ROULOIS Marie-Joseph
27.11.1822 ROSELLE François
27.11.1822 RAY Jean-Nicolas
08.03.1823 ROULOIS Marie-Joseph
27.04.1824 RAY Jean-Nicolas
21.05.1825 PRUNIER Louis
28.04.1826 PRUNIER Louis
15.04.1828 PRUNIER Louis
30.04.1828 PRUNIER Louis
18.09.1828 PRUNIER Louis
27.03.1829 GUILBERT Jean-Baptiste
06.10.1829 PRUNIER Louis
06.05.1830 PRUNIER Louis
29.10.1830 GUILBERT Jean-Baptiste
20.07.1831 PRUNIER Louis
01.09.1832 PRUNIER Louis
29.05.1833 GUILBERT Jean-Baptiste
29.05.1833 PRUNIER Louis
05.05.1834 GUILBERT Jean-Baptiste
19.06.1837 PRUNIER Louis
15.04.1843 BOLLE Nicolas-Jules
20.04.1843 BOLLE Nicolas-Jules
24.05.1843 DEBARLE Jean-François
30.05.1843 DEBARLE Jean-François
31.10.1843 DEBARLE Jean-François
31.10.1843 GOBERD Frédéric
10.03.1844 DEBARLE Jean-François
23.08.1844 DEBARLE Simon
23.08.1844 DEBARLE Jean-François
02.11.1845 ADAM Louis Rose Abraham
02.11.1845 DEBARLE Jean-François
15.12.1845 DEBARLE Jean-François

Recherches principalement effectuées dans l'Etat civil de la commune de Saint-Martin-du-Tertre, stationnaire témoin de mariages, naissances, décès et dont la profession est indiquée.


LA TOUR DU TELEGRAPHE


(Cartes postales)


Quatre cartes postales représentant la Tour du Télégraphe à Saint-Martin-du-Tertre ont put faire croire que celle-ci était bien le poste utilisé pour la ligne du Nord. (voir plan cadastral). E, 1801, Napoléon 1er souhaitait pouvoir prolonger la ligne de Boulogne jusqu'en Angleterre et demanda aux frères Chappe de trouver un moyen pour y parvenir? C'est ainsi qu'en juin-juillet 1801, une expérience fut faite de Belleville à Saint-Martin-du-Tertre. Celle-ci fut réalisée avec un matériel différent et surtout de nuit. Une lettre datée du 18 messidor de l'an 9 (7 juillet 1801) adressée au citoyen Chappe aîné au Mans et qui dit :

(…) Nous avons fait entre nous, mon cher, à quatre lieues de Paris, l'expérience d'un nouveau télégraphe. Elle a réussi. Les signaux ont été aperçus distinctement la nuit comme le jour…(…)

De plus, il existe un document au musée de la poste qui atteste cette expérience entre les deux villes.

Et il est fort probable, que la tour représentée sur ces cartes postales soit celle qui servit à l'expérience de 1803. L'une d'elle représente le sémaphore à deux indicateurs.

Ce même type de matériel fut utilisé au camp de Boulogne en 1804.

La tour ou ancien moulin était située au cadastre parcelle 365 où se trouve aujourd'hui la tour rue Gabriel Péri à l'entrée du village en venant de la gare.


CHRONOLOGIE DU TELEGRAPHE OPTIQUE CHAPPE

  • 26 novembre 1762 Naissance d'Ignace Chappe dit "l'Aîné de LAVAL (Mayenne)
    25 décembre 1763 Naissance de Claude Chappe de Vert à Brûlon (Sarthe)
    11 août 1765 Naissance de Pierre François Chappe à Chantepie à Brûlon (Sarthe)
    3 septembre 1769 Naissance de René Chappe des Arcis à Brûlon (Sarthe)
    02 et 03 mars 1791 Expérience d'un télégraphe optique avec un système de pendules synchronisés et d'un panneau optique blanc et né entre Brûlon et Parcé. Un procès verbal fut réalisé par différentes personnalités de ces deux communes.
    Juin 1791 Claude Chappe s'installe à Paris où il réalise de nouvelles expériences au Parc Saint-Fargeau à Ménilmontant.
    01 octobre 1791 Election d'Ignace Chappe à l'Assemblée Législative.
    22 mars 1792 Claude Chappe "fait hommage" de son invention à l'Assemblée Législative
    Avril 1793 Invention du mot "Télégraphe" par Miot de Melito. Jusqu'alors, Claude Chappe parlait de "Tachygraphe"(écriture rapide)
    01 avril 1793 Convention Nationale en faveur du Télégraphe Chappe
    06 avril 1793 Nomination des commissaires de la Convention pour examiner le projet Chappe : LAKANAL, DAUNOUI, ARBOGAST.
    02 juillet 1793 La Convention Nationale décrète les essais du télégraphe CHAPPE et ordonne aux municipalités concernées de veiller à la sûreté des appareils.
    12 juillet 1793 Première expérience sur une distance de 26 kilomètres environ entre le Parc PELLETIER de SAINT FARGEAU, MENILMONTANT, ECOUEN et SAINT MARTIN DU TERTRE.
    Lors de celle-ci, Claude CHAPPE et DAUNOUI étaient au poste de MENILMONTANT, Abraham CHAPPE, LAKANAL et ARBOGAST à celui de SAINT MARTIN DU TERTRE.
    25 juillet 1793 LAKANAL fait un rapport élogieux du télégraphe CHAPPE devant la Convention. Lors de cette séance, Claude CHAPPE est nommé "Ingénieur Télégraphe" par décret.
    04 août 1793 Le Comité de Salut Public décide de la construction de la ligne PARIS-LILLE. Le télégraphe est placé sous tutelle par le Ministre de la Guerre. Claude, Ignace, Pierre-François et Abraham sont réquisitionnés par le Ministre pour s'occuper des installations et des services administratifs du Télégraphe.
    30 avril 1794 Premiers essais de la ligne PARIS-LILLE
    02 mai 1794 Le Comité de Salut Public ordonne la construction d'un poste de télégraphe sur LOUVRE et sur la Butte MONMARTRE.
    16 juillet 1794 Ouverture de la ligne PARIS-LILLE avec l'utilisation d'un code inventé par DELAUNAY, cousin des CHAPPE.
    30 août 1794 Dépêche annonçant la prise de CONDE "CONDE doit être restitué à la République, réédition ce matin à six heures". CARNOT annonça cette dépêche à la Convention qui applaudit de longues minutes à la nouvelle.

  • 03 octobre 1794 Décision du Comité de Salut Public de construire la ligne PARIS-LANDAU (ligne de l'Est).
    27 avril 1795 Décision de prolonger la ligne du NORD vers BRUXELLES et OSTENDE.
    07 août 1798 Mise en service de la ligne PARIS-BREST.
    Juillet 1801 Essais d'un nouveau système pouvant fonctionner la nuit, expérience réalisée entre MENILMONTANT et SA INT MARTIN DU TERTRE (lettre du 7 juillet 1801 adressée au citoyen CHAPPE au MANS). Cette expérience sur 26 kilomètres sans relais devait servir à communiquer avec les Côtes anglaises lors des prévisions d'invasion de l'ANGLETERRE par NAPOLEON 1er.
    02 décembre 1803 Etablissement du camp de BOULOGNE
    1804 Utilisation d'un télégraphe lumineux de grande puissance. Appareil
    à deux indicateurs semblable à celui de l'expérience de 1801.
    1805 Création de la ligne PARIS-LYON-TURIN (Italie)
    23 janvier 1805 Mort de Claude CHAPPE. Ses frères continuent à diriger le
    télégraphe.
    1810 La ligne du Nord atteint AMSTERDAM (Pays-Bas). La ligne du Sud atteint VENISE (Italie)
    25 janvier 1825 Mort d'Ignace CHAPPE.
    20 février 1834 Mort de Pierre-François CHAPPE
    03 mai 1837 Loi sur le Monopole de la communication en France.
    26 juillet 1849 Mort d'Abraham CHAPPE.
    20 février 1853 A la demande du Directeur Général des Domaines, il est fait un état des lieux du poste de SAINT MARTIN DU TERTRE.
    1er mai 1953 Vente aux enchères du poste de SAINT MARTIN DU TERTRE pour le prix de 152 francs.
    06 novembre 1854 Mort de René CHAPPE à Brûlon.
    1855 Abandon de la dernière ligne du télégraphe aérien.